Association d'Études de Freud et de Lacan

Association lacanienne internationale des Alpes-Maritimes

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« Démasquer le réel est le travail du psychanalyste. Le réel c’est ce qui résiste, insiste, existe irréductiblement, et se donne en se dérobant comme jouissance, angoisse, mort ou castration ».1La tâche ainsi annoncée indique de multiples renoncements : rejeter la maîtrise, rejeter le pouvoir, se détourner de tous les paravents, de tous les escabeaux et de tous les échafaudages qui illusionnent et empêchent l’exploration. Il s’agit cependant de faire la dupe.

 

Comment atteindre le Réel du symptôme afin que celui-ci puisse cesser de s’écrire. L’utilisation de l’équivoque dans l’interprétation recèle l’insaisissable, l’insuccès de l’inconscient à atteindre. Le symptôme étant défense contre le Réel. Le symptôme est Réel. Savoir-faire avec son symptôme, c’est la fin de l’analyse. Ça suppose l’assomption de la distance entre idéal du moi et petit a. S2 ne répond pas, c’est de l’escroquerie, S (A) barré, S1 ne représente pas le sujet auprès de S2. C’est la duplicité de A, c’est la duplicité du signifiant, il ne se montre pas tel qu’il est, c’est pour cela qu’il faut s’accrocher au mot d’esprit qui est constitué par l’équivalence du son et du sens. La vérité qui est celle de la castration s’avère poétique…

 

Lacan évoque sa difficulté à avancer à ce moment de sa recherche, celui où il s’expose dans le séminaire L’insu que sait de l’une bévue s’aile à mourre, et souligne vivement en tout cas ce qui n’est pas satisfaisant et ce qui est à dépasser. Il met en scène l’espace duquel il faudra se détourner, le mystère du monde reste entier dira-t-il plus tard, il reste donc à explorer ce qui est explorable, le monde de la création. Mais aura-t-il fallu dans un premier temps, aller au bout d’une orientation de recherche pour la laisser tomber. C’est ce qu’en dira Safouan dans son approche de la topologie et le temps. Il y écrit, « Mais cette dernière approche ne nous semble susceptible de quelque fécondité que si le parcours qui y mène aura été effectué ».

 

Deux objectifs donc pour Lacan dans ce séminaire de l’insu :

 

Premièrement, réduire à néant le concept freudien d’inconscient rattaché aux mythes et donc à la prédominance de l’imaginaire : L’inconscient freudien c’est l’inconscient qui sait et qui conduit à la vérité, là dans un espace précis contenant les questions et les réponses. L’inconscient de Freud, c’est donc un « tout faux » nous dit Lacan et le seul tout qui puisse exister c’est justement le « tout faux ».

 

« Le seul tout qui compte, c’est un tout faux, une bévue entre les mots. »

 

 Oui, l’inconscient est un savoir car il est l’effet des signifiants mais en aucun cas il ne peut être dit qu’il y ait du savoir de l’inconscient. L’inconscient c’est une bévue à tour de bras.

 

De plus, tout est empêtré dans la signification lorsque le discours n’est pas fondé sur le signifiant. Le discours, c’est mental et c’est débile, « débile mental » dira Lacan. Il dira aussi que l’analyse est une escroquerie car tout ce qui se dit est une escroquerie. Le psychanalyste doit faire semblant, tenir la place de S1, faire vrai auprès de S2. Ce semblant qui doit faire que la psychanalyse ne soit pas la forme moderne de la religion, une escroquerie.

 

Il faut aller plus loin encore, tout discours nous dit Lacan n’est que semblant au regard de l’impossible écriture du rapport sexuel à laquelle supplée le langage. Ce non-rapport sexuel donc, qui ne peut passer que par le symbolique, passe de ce fait par quelque chose de bien insatisfaisant, C’est-à-dire le mensonge. Le symbolique ne nous dit que des mensonges et pourtant, la vérité, le savoir absolu du Réel, du non rapport sexuel ne peut passer que par le symbolique, c’est-à-dire, le mensonge. La sexualité est entièrement prise par les mots.

 

Arrive le second objectif lacanien : se rapprocher au plus près du Réel, en insistant sur l’observation navrée des limites du symbolique. Réel qu’il a abordé dans le séminaire précédent, « le sinthome ». Lacan souhaite une écriture qui représente le Réel matériellement car « matériel ne ment » nous dit-il, une écriture qui n’ait rien à voir avec les symboles. Utilisation donc de la topologie, du nœud borroméen qui par sa matérialité démontre un réel, une structure qui n’est pas réductible au symbolique même si elle lui est liée.

 

On comprend aisément qu’autour de cette praxis proposée, nombreux s’en détournent, nombreux dévient, nombreux rejettent ce qui paraît comme pure castration et du côté des thérapeutes et du côté de ceux qui souffrent. La psychanalyse fait fuir. Elle s’oppose catégoriquement à la doxa ambiante, elle s’oppose au discours du capitaliste qui se répand exponentiellement. Où va donc la psychanalyse, comment peut-elle attiser un désir d’exploration, quelle place les psychanalystes d’aujourd’hui et de demain peuvent-ils proposer, faut-il convaincre et comment ? De multiples questions que nous allons poser durant cette année

 

1 Serge Leclaire, Démasquer le réel, éditions du Seuil, novembre 1971.

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À PARTIR DE LA LECTURE DU SÉMINAIRE XXIV DE

JACQUES LACAN:

L'INSU QUE SAIT DE L'UNE BÉVUE S'AILE À MOURRE

TEXTES COMPAGNONS

 

LA SPIRALE, FORME TOPOLOGIQUE DE L’ENSEIGNEMENT DE LACAN

Élisabeth DE DRANCESCHI : L’insu que sait de l’une-bévue s’aile à mourre, leçon IV

 

TOPOLOGIE DES TROIS IDENTIFICATIONS

 

Marc DARMON : Quelque chose qui va plus loin que "l’Inconscient". [Leçon I]

 

Angela JESUINO : Incorporer ou dévorer ?

 

Jean BRINI : Présentation des figures de retournement du/des tores.

 

QUELS EFFETS D'UNE DEUXIÈME TRANCHE D'ANALYSE ?

 

Pierre-Christophe CATHELINEAU : Le retournement du tore et la fin de la cure (Leçon II)

 

Elsa CARUELLE-QUILIN : L'insu que sait de l'une bévue s'aile à mourre - Leçon 2

 

Anne JOOS DE TER BEERST : Tranches d'analyse.

 

Henri CESBRON LAVAU : Pourquoi la topologie ?

 

PULSION INVOCANTE : CLINIQUE ET ÉCRITURE

 

Bernard VANDERMERSCH : Il y a certainement une vérité de l'espace

 

Marie-Christine LAZNIK, Catherine FERRON : La pulsion invocante et l’Autre dans la clinique du bébé.

 

Terry BALL : INSIDE OUT

 

LE SAVOIR ET L'INCONSCIENT.

Jean BRINI : Quatresse et nœuds de tétraèdres. (leçon V)

 

Corinne TYSZLER : L'Inconscient ou se faire mener par le bout du nez. (leçon V)

 

"PAS POUÂTE-ASSEZ..."

 

Jean-Luc de SAINT JUST : Extension du champ des possibles. (L VIII)

 

Cyrille NOIRJEAN : Quand nous a cessé de parler il neigeâmes.

 

Esther TELLERMANN : S’apparenter à un poète.

 

Fabrizio GAMBINI : La psychanalyse est-elle un délire ?

 

LES IDENTIFICATIONS, LA CLINIQUE ET LA CURE

 

Pierre COERCHON : Quel amour en fin de cure ?

 

Jean-Jacques TYSZLER : Identification et fantasme

 

Jean-Pierre ROSSFELDER : Ithyphalliques et pioupiesques / Leurs quolibets l’ont dépravé

 

Marc MORALI : Le ventriloque

 

VERS UN SIGNIFIANT NOUVEAU ?

 

Pierre AREL : Tout ce qui est mental, en fin de compte, est ce que j'écris du nom de sinthome

 

Flavia GOIAN : Cesserait de ne pas s’écrire. (L XII)

 

Isabelle MASQUEREL : A benidor.

 

Jean-Louis CHASSAING : Le jeu de la mourre.

Vidéo 1 Vidéo 2 Vidéo 3

 

QU'ALLONS-NOUS INVENTER ?

 

Alain DIDIER-WEILL : Les trois surmois - Charles MELMAN

Les séances du séminaire auront lieu sauf indication contraire le jeudi soir à partir du 22 septembre de 19h à 21h, amphi 6, au pôle St Jean d’Angély, 25 avenue des Diables bleus, 06300 - Nice

 

 

 

 

Le séminaire est ouvert à tous ceux intéressés par la psychanalyse et son développement. Il est demandé aux auditeurs une participation de 5 € par séance ou 30 € pour l’année. Entrée gratuite pour les étudiants.

Le programme sera en ligne très prochainement.

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